2022/02/16
#Reich #désorganisation #détenus #génocide #libération #mouroirs #évacuations
paper · doi:10.34745/numerev_1473
Peu étudiées dans leur spécificité historique, les marches de la mort ne peuvent être assimilées au génocide des juifs. Dans les derniers mois dexistence du système nazi, les détenus des camps formèrent une population très hétérogène et complexe qui fusionna, et au sein de laquelle les juifs ne représentaient plus quun groupe important. La désorganisation administrative et lincohérence des instructions données par Himmler conférèrent un rôle-clé aux autorités locales dans les préparatifs et le déroulement de lévacuation des camps. Les escortes constituées déléments disparates, pas forcément SS, mais travaillés douze ans durant par la propagande, considéraient les détenus comme une entité collective menaçante et déshumanisée. Les meurtriers décidaient seuls du moment de passer à l’acte, selon un calcul combinant lutilité, lefficacité et les opportunités. Jamais au cours du génocide planifié et bureaucratique un tel pouvoir ne fut placé entre les mains dautant dindividus. La version originale de cet article, « The Death Marches and the Final Phase of Nazi Genocide », a été été publié dans louvrage suivant : Jane Caplan, Nikolaus Wachsmann (éds), Concentration Camps in Nazi Germany : The New Histories, Londres, Routledge, 2009. Traduit de l’anglais par Damien Lescure.