2020/07/01 by Paola Schierano, Schierano, Paola
Arts and Humanities · Social Sciences · #African Studies and Ethnography #Appartenance #Assimilation #Caribbean and African Literature and Culture #Mayotte #Membership #Migration, Identity, and Health #Mobility #Mobilité #Réunion #Transition
paper · doi:10.26171/carnets-oi_0503
openalex publication_date 2020/07/01 · openalex created_date 2020/09/01 · openalex updated_date 2026/07/01
La récente départementalisation de Mayotte a contribué à modifier sensiblement la façon d’« être Mahorais » sur l’île et ailleurs. Si les mécanismes traditionnels d’assimilation – exigés par l’évolution institutionnelle – sont déjà bien visibles dans l’île aux Parfums, les aspects liés à l’imprégnation de modes de vie issus de la modernité semblent parallèlement prendre plus d’ampleur en situation de mobilité. L’observation des formes d’organisation sociale et des trajectoires biographiques des Mahorais, durablement installés à La Réunion depuis les années 1980, livre d'une part des éléments de réflexion sur l’évolution des dynamiques d’intégration à la société réunionnaise, et plus largement à la France, en tant que « Français à part entière » et offre d'autre part un point d'étude privilégié sur l’impact des processus d’assimilation post-départementale, ainsi que sur les stratégies de résistance à cette acculturation forcée. À l’heure actuelle, les Mahorais à La Réunion souffrent, bien plus qu’ailleurs, d’une stigmatisation due à leurs spécificités culturelles éconnues par la plupart des Réunionnais. Bien qu’effective, cette marginalisation est vécue de façon différente selon les générations, ainsi que le sentiment d’appartenance à l’une et à l’autre société : si les « anciens » ont gardé un attachement indéniable à l’île d’origine, les plus jeunes « Mahoréunionnais », jeunes d’origine mahoraise nés à La Réunion, démontrent une marginalité identitaire aux deux systèmes culturels. La multiplication des repères identitaires en situation de mobilité a contribué à la création d’une fracture générationnelle entre les jeunes générations et les « Pionniers » de la mobilité mahoraise, qui peut contribuer à une graduelle et définitive intégration de la composante mahoraise dans la société réunionnaise.