2023/04/04 by Stéphane Lojkine
#Diderot #Salons #allégorie #esprit #figures #image
paper · doi:10.58048/2968-9198/60
La conception diderotienne de l’allégorie dans les Salons est largement tributaire de celle de l’abbé Du Bos, qui se déploie selon trois dimensions : métaphorique, elle enveloppe le sens ; subversive, elle frappe comme le trait d’esprit ; obscure, elle échappe à l’interprétation. Ces trois caractéristiques de l’allégorie selon Du Bos constituent autant de critiques, que Diderot reprend à son compte. Il critique d’abord les compositions mi-allégoriques, mi-historiques qu’affectionne Rubens et qu’on retrouve dans le monument à Louis XV imaginé par Pigalle, car elles font ressortir le décalage entre monde héroïque des figures et scène intime des hommes réels. Mais ce décalage est le moyen pour Diderot de penser l’image comme anamorphose et de lui donner par là une fonction heuristique. La peinture allégorique, prise alors exprès à contresens, fait sens contre la métaphore qu’elle véhicule par la matérialité de ce qu’elle représente. Elle exhibe symptomatiquement son insignifiance et révèle ainsi le dispositif qui la sous-tend : par lui, l’image s’inscrit dans un réseau imaginaire à contresens des codes usés de la figuration allégorique.